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	<title> &#187; Peluche&amp;Cie</title>
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		<title>L&#8217;Ourson qui s&#8217;était oublié</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 04:59:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peluche&Cie]]></category>

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		<description><![CDATA[La petite fille rentra en pleurs dans sa chambre. Elle claqua la porte et le chercha immédiatement du regard. Il n’était pas là. Elle fouilla un peu plus, dans les coins qu’il préférait : sous le lit et derrière les rideaux. Pas de trace de lui. Une nouvelle vague de sanglots submergea la  petite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La petite fille rentra en pleurs dans sa chambre. Elle claqua la porte et le chercha immédiatement du regard. Il n’était pas là. Elle fouilla un peu plus, dans les coins qu’il préférait : sous le lit et derrière les rideaux. Pas de trace de lui. Une nouvelle vague de sanglots submergea la  petite fille. Elle s’effondra sur son lit,  pleurant encore et encore.<br />
	C’était la consternation parmi les peluches. Au bout de quelques minutes,  le chat au pelage ocre et tout doux s’approcha de la petite fille. Ce n’était pas la peluche la plus bavarde, et la petite fille apprécia d’autant plus. Elle se releva à demi et serra le chat au pelage ocre et tout doux très fort contre elle. Petit à petit d’autres peluches s’approchèrent, le mouton et la belette en tête. De les voir et les avoir autour d’elle réconforta la petite fille, et elle se laissa aller à nouveau.<br />
	Entourée de tant d’amour tout pelucheux, son gros chagrin passa. Elle libéra alors le chat au pelage ocre et tout doux, qui en était tout fripé tellement elle l’avait serré. Un peu boiteux, faussement grognon, il s’éloigna en marmiaulant. La petite fille regarda l’heure. Il lui restait juste assez de temps pour effacer les dernières traces de son chagrin avant d’aller manger.</p>
<p>A son retour, elle ferma soigneusement la porte, cette fois. Après avoir une fois de plus balayer du regard sa chambre du regard. Puis elle entreprit de réarranger  son coin à peluche. Evidement le chat au pelage ocre et tout doux, le mouton et la belette eurent droit à une nette amélioration de leur ordinaire. Une fois ceci fait, la petite fille se recula pour contempler son œuvre, et sentit un poids de moins sur son petit cœur. Elle se sentait mieux, et trouvait qu’elle avait eu de raison de faire ça. Il ne restait plus qu’à attendre qu’il pointe à nouveau son nez en plastique.</p>
<p>C’est ce qui arriva finalement, longtemps après que les lumières furent éteintes. La porte s’ouvrit doucement, et l’Ourson entra dans la chambre. Bien qu’il se targuait de bien connaître les petites filles, il ne se doutait pas de ce qui allait arriver. Tout content de lui, il commença à raconter à la petite fille son exploit du jour : il avait expliqué à une des peluches de la petite sœur comment réconforter les petites filles ! Depuis plusieurs jours, il avait entreprit de se glisser régulièrement, trop régulièrement dans la chambre d’à côté pour prodiguer quelques conseils.<br />
Quand il eut finit, doucement, tout doucement, la petite fille parla à son tour ? Elle n’avait pas pris la peine d’allumer la lumière et se contenta de chuchoter. Elle n’était pas en colère, et ne pleurait pas, elle soulageait juste son cœur. Il ne ressemblait plus à l’Ourson qu’il était avant, lui dit-elle, et ça faisait plusieurs fois qu’il était dans la chambre d’à côté alors qu’elle avait besoin de lui. Ce n’était pas comme ça qu’un Doudou se devait d’agir.<br />
	Pris par surprise, l’Ourson rétorqua qu’elle était juste jalouse, qu’il avait aussi le droit d’avoir d’autres amis, qu’il pouvait bien parler à d’autres peluches. Enfin, il ne fallait pas le prendre comme ça voyons ! La petite fille prit le temps de s’assoir pour lui répondre. Et toujours tout doucement, la petite fille lui expliqua que ça ne la dérangeait pas qu’il parle à d’autres peluches, il pouvait même devenir l’ami d’autres petites filles. Mais cela l’empêchait d’être là pour elle, il ne voyait même plus quand elle pleurait. Et il ne s’en rendait même pas compte. On ne pouvait même plus dire qu’il vivait dans cette chambre pour tout dire. L’Ourson voulut protester, il ne comprenait pas. La petite fille le coupa.  Il n’était plus son Doudou, non pas parce qu’elle ne le voulait pas, mais parce que les faits étaient là. Cela faisait souffrir la petite fille, et elle ne le voulait plus. Alors voilà, il n’était plus son Doudou. Elle jouerait encore volontiers avec lui de temps en temps, mais pas plus. L’Ourson continua à parler, essayent d’argumenter, la traitant de jalouse, lui disant que les autres peluches ne pouvaient pas s’en sortir sans lui, il continua et continua…<br />
Mais la petite fille s’était déjà endormie, le cœur enfin léger. Et le lendemain, elle offrit officiellement l’Ourson à sa petite sœur.</p>
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		<title>Le Dinosaure qui ne savait pas compter après treize</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Feb 2009 05:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peluche&Cie]]></category>

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		<description><![CDATA[Histoire pour un Diable
Le Dinosaure en peluche tournait en rond. En fait, il avait tourné en rond toute la journée. Une fois de plus, il prit son élan pour sauter sur le rayon d’en face. De là il voyait mieux le mur avec les horloges. Elles disaient d’ailleurs toutes la même chose : il restait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Histoire pour un Diable</em></p>
<p>Le Dinosaure en peluche tournait en rond. En fait, il avait tourné en rond toute la journée. Une fois de plus, il prit son élan pour sauter sur le rayon d’en face. De là il voyait mieux le mur avec les horloges. Elles disaient d’ailleurs toutes la même chose : il restait encore 10 minutes avant que ça n&#8217;arrive. Le Dinosaure sauta à nouveau sur son étagère, s’envolant aussi haut qu’à l’aller. Les quelques autres peluches encore réveillées applaudirent, une fois de plus. Elles avaient applaudit toute la journée à chaque aller-retour pour que le Dinosaure avait fait pour voir l’heure, et comme à chaque fois qu&#8217;il sautait, cabriolait ou faisait quelque chose dans ce genre là. Parce que le Dinosaure, il était bon à ça, à sauter de partout, pour se dépenser, pour faire plaisir aux autres peluches et un peu pour se faire mousser. Oui, il aimait ça. Enfin, d’habitude. Les applaudissements, il ne les avait même pas entendus aujourd’hui.</p>
<p>Aujourd’hui, il tournait en rond. On était bientôt le 13 du mois, et le Dinosaure n’aimait pas ça. Il avait appris à compter juste pour être sur de savoir quand on était le 13. D’ailleurs après le 13, il ne connaissait plus les chiffres. Après le 13 il se remettait à pirouetter de partout. Mais le 12, il tournait en rond. Il ne voulait pas l’admettre, mais il angoissait. Les autres peluches ne le savaient pas, et elles ne voyaient même pas la différence. Il faut bien avouer que dans ce magasin d’occasion pour enfants, les peluches n’étaient pas aussi aimables et enthousiastes que dans un magasin normal. Les peluches qui étaient ici avaient déjà été le Doudou d’enfants, et ne l’étaient plus maintenant. Ce n’étaient pas facile tout le temps, et en règle générale l’ambiance dans les rayons était sympathique, mais un peu réservée.<br />
Le Dinosaure comprenait cela. Il n’était pas ici pour rien. Il avait été le Doudou d’une petite fille une fois, et il était alors persuadé d’être son Doudou pour la vie. Ce jour-là il était dans un rayon d’un magasin normal. Comme toutes les peluches, il savait qu’il devait devenir le Doudou d’un enfant, et l’idée lui plaisait, mais c’était encore assez abstrait pour lui. Il s’amusait bien dans son rayon. Déjà à l’époque il pirouettait de partout pour faire marrer les autres peluches. Il faisait ça un peu inconsciemment d’ailleurs, n’attendant pas toujours la fermeture du magasin. Mais c’est comme ça qu’il avait rencontré la Petite Fille. Il pleuvait ce jour-là et le magasin était désert. Même les employés ne passaient pas dans les rayons. Le Dinosaure s’ennuyait. Alors il se mit à sauter un peu de partout pour dérider tout le monde. Malgré quelques regards en plastique désapprobateurs, il avait fait son petit effet. Et d’un coup, plus personne ne bougea ! Il se retourna doucement, et Elle était là. Ils se regardèrent dans les yeux quelques secondes et tout fut décidé. La Petite Fille repartie chez elle avec le Dinosaure sous le bras. </p>
<p>Ce fut les plus beaux jours du Dinosaure. Il fut un parfait Doudou, consolant, pirouettant, câlinant la Petite Fille. Tout était parfait. Jusqu’à un 13 du mois. La Petite Fille venait d’apprendre à compter, et toute fière d’elle, montrait à son Doudou de Dinosaure comment faire. Il faisait de son mieux pour faire comme elle, et ce n’était pas facile, mais c’est comme ça qu’il sut qu’on était le 13. Et la Maman appela la Petite Fille, elle l’appela très fort. Tellement fort, que la Petite Fille descendit sans prendre le Dinosaure. Et il ne la revit plus jamais. On le retrouva dans les cendres de la maison quelques jours plus tard. Sa fourrure n’avait pas été abîmée, et il s’en faisait une joie, il pourrait encore plaire à la Petite Fille ! Mais au lieu de la revoir, il ne vit que le Papa, qui pleurait. Le Papa le serra longtemps contre son cœur, avant de mettre le Dinosaure dans un carton.<br />
Le Dinosaure avait alors comprit, et en avait eu le kapok déchiré. Il pleura longtemps dans le noir. Un jour, le carton s’ouvrit et il se retrouva sur l’étagère de ce magasin. Il se dit que quitte à ne plus être dans le carton, il pouvait peut-être se remettre à sauter de partout. Et qui sait, il retrouverait peut-être une autre Petite Fille…<br />
Le Dinosaure soupira. Il avait cru retrouver une autre Petite Fille. Elle était jolie, et gentille. Enfin presque gentille. Elle était venue plusieurs fois dans le magasin, et elle passait beaucoup de temps avec lui. Il aurait bien aimé repartir avec elle, et il y avait cru plusieurs fois. Mais elle n’avait jamais voulu. Pire, elle était repartie avec le cheval en peluche de l’étagère au dessus ! Il le connaissait bien ce cheval, si il était ici c’est qu’il avait fait pleurer sa précédente Petite Fille en se moquant d’elle. Son kapok se déchira un peu plus. Il se frotta le ventre. Décidément, il n’avait pas de chance. Le Dinosaure ne voulait pas baisser les bras. Non il ne voulait pas faire comme l’ourson du bout de l’étagère qui ne prenait même pas la peine de s’épousseter et de sortir du fond. Mais il se demandait parfois, si l’ourson n’avait pas raison. C’était si difficile, si difficile…</p>
<p>&#8230;</p>
<p>Il rouvrit les yeux d’un coup, tout étonné de se réveiller alors qu’il ne savait même pas qu’il s’était endormi. Pour être sur de ne pas rêver, il se mit debout, s’épousseta, et commença à faire de petits bonds sur place en balançant les bras. Les autres le regardaient bizarrement. Il sentit alors un autre regard dans son dos. Il se retourna doucement et tomba nez à nez avec une Petite Fille. Pas celle qui le faisait marronner, non, une qu’il ne connaissait pas. Il ne savait pas trop quoi faire, un peu gêné. La Petite Fille se mit à sourire. C’était le plus beau sourire qu’il avait jamais vu. Il sentit son kapok se regonfler tout seul.</p>
<p>Dans le sac du magasin ou il était, en route pour sa nouvelle maison, il regarda le ticket du magasin. On n’était même plus le treize, mais un nombre qu’il ne connaissait pas. Il se dit qu’il aimerait bien apprendre ce qu’il y avait après le treize maintenant…</p>
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		<title>-L’Histoire du petit garçon qui ne s’aimait pas quand il n’aimait pas –</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Sep 2008 23:12:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peluche&Cie]]></category>

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		<description><![CDATA[-Pff, je m’ennuie, dit un soir le petit garçon à sa peluche.
-Mais pourquoi donc ? demanda la Peluche.
-Je ne sais pas. Je m’ennuie c’est tout.
-Mais on ne peut pas s’ennuyer sans raison, s’étonna la Peluche. Ce n’est pas possible ! Et encore moins quand on est un petit garçon comme toi !
-Eh ben je m’ennuie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>-Pff, je m’ennuie, dit un soir le petit garçon à sa peluche.<br />
-Mais pourquoi donc ? demanda la Peluche.<br />
-Je ne sais pas. Je m’ennuie c’est tout.<br />
-Mais on ne peut pas s’ennuyer sans raison, s’étonna la Peluche. Ce n’est pas possible ! Et encore moins quand on est un petit garçon comme toi !<br />
-Eh ben je m’ennuie quand même, insista le petit garçon.<br />
-Bon, très bien, dit la peluche en levant au ciel. De quoi as-tu envie alors ? Je n’aime pas quand tu t’ennuies, trouvons donc quelque chose à faire.<br />
-Ben… Ben… Ben je ne sais pas. Non, dit le petit garçon en secouant la tête, je ne sais pas ce que j’ai envie de faire.<br />
-Quoi ? S’étonna à nouveau la Peluche. Comment ça ? Tu ne sais pas non plus de quoi tu as envie ?<br />
-Ben non, fit le petit garçon un peu penaud. Mais ce n’est pas de ma faute ! Je te jure que je cherche de toutes mes forces. Mais… Mais…. Rien ne vient, je t’assure.<br />
Le petit garçon avait les larmes aux yeux. La Peluche resta un moment silencieuse. Puis elle se rapprocha encore plus du petit garçon.<br />
Elle laissa échapper un soupir.<br />
	-C’est bien plus grave que je ne pensais alors…<br />
	-Comment ça ?<br />
	-Chez nous, les peluches, ont appelle ça ‘avoir le tissu trop tendu par le kapok’.<br />
	-Qu’est ce que ça veut dire ?<br />
	-Quand on est une peluche neuve, et quand on n’a pas encore de propriétaire, ça arrive de temps en temps. Ca veut dire que parfois, même si une peluche est tout jolie, neuve et avec d’autres peluches, elle peut se sentir vide.<br />
	-Oui c’est ça, tu as raison, je me sens tout vide là dedans. (Le petit garçon appuyait avec son doigt sur son ventre) Et je n’aime pas ça. Tu crois que je devrais manger du kapok ? Ca ira mieux après ?<br />
La Peluche sourit.<br />
	-Non, au contraire ! Quand notre kapok est intact, tout gonflé, c’est là qu’on se sent vide. Ce qui remplit les gens, (et les peluches aussi d’ailleurs), ce n’est pas le kapok, mais le reste.<br />
	-Le reste ?<br />
	- Oui, le reste ! Toutes les choses de la vie. Ce qu’il y a autour de toi, tes voitures, tes joujoux, le reste quoi !<br />
	- Mais je n’ai pas grand-chose. Où plutôt si, mais non, ça ne me remplit pas. Enfin…<br />
	- Enfin ?<br />
	- Enfin pas comme je voudrais.<br />
	- Ah ! C&#8217;est-à-dire ?<br />
	- Ben j’avais vachement plus de kapok quand je jouais avec Alice…<br />
	- Alice ? La petite Alice Lindel ?<br />
	- Oui. J’ai joué avec elle hier à la récrée. Et ben, c’est vraiment différent que quand je joue avec toi. Ca fait tout différent là dedans (le petit garçon tapotait encore son ventre).<br />
	- Mais ça c’est normal ! Toutes les choses autour de toi ne peuvent pas te remplir de la même façon.<br />
	- Mais maintenant plus rien me remplit, s’écria le petit garçon. C’est nul ! Je n’aurais pas du jouer avec elle, rajouta-t-il en se calmant, je ne jouerais plus jamais avec elle.<br />
	- Oulà ! Ce n’est pas la solution. Et de toute manière tu ne pourras pas t’en empêcher. Tu verras, dit la Peluche avec un sourire en coin. Je crois que ce que tu as ressenti était tellement gros, ça t’a tellement rempli que tu viens juste de te rendre compte que le reste remplissait moins, c’est tout. Mais ça remplit aussi, moins, mais ça remplit un peu quand même.<br />
La Peluche observa une pause.<br />
- De toute façon, si on en croit mon expérience (la Peluche se passa la main sur le ventre, qui n’était plus si bien rembourrée que ça), on n’est jamais rempli ni tout le temps, ni pour toujours.<br />
	- Mais c’est tout triste. Je ne veux pas que ça arrive…<br />
	- C’est triste, mais pas tant que ça, on s’y fait.<br />
La Peluche soupira.<br />
- Je me sens un peu plus vide de t’en avoir parlé, mais maintenant tu sais et tu seras moins triste. J’aurais aimé qu’on m’explique aussi quand ça m’ait arrivé.<br />
	- Tu sais, je crois que j’ai une solution. Peut être que si on se fait un câlin on se remplira un peu plus tout les deux ?<br />
	- Peut être, répondit la Peluche dans un sourire.</p>
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		<title>- Le Mouton qui ne disait jamais non -</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Sep 2008 21:57:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peluche&Cie]]></category>

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		<description><![CDATA[	Le Mouton attendit patiemment qu’il n’y ait plus personne dans le rayon pour s’assoir à  nouveau correctement. Elle était mignonne cette petite fille. Il avait de la chance, pensait-il, car en général c’était des petites filles adorables qui s’intéressaient à lui. Il avait pour lui d’être un joli mouton en peluche, fait de laine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>	Le Mouton attendit patiemment qu’il n’y ait plus personne dans le rayon pour s’assoir à  nouveau correctement. Elle était mignonne cette petite fille. Il avait de la chance, pensait-il, car en général c’était des petites filles adorables qui s’intéressaient à lui. Il avait pour lui d’être un joli mouton en peluche, fait de laine écrue bouclée toute douce pour le corps et de laine brune pour les pattes et le cou, d’un sourire joyeux et de charmantes petites oreilles, en laine douce écrue bouclée elles aussi.<br />
	Il s’épousseta l’épaule. Décidément, il était bien content de sa méthode, elle lui évitait des désagréments tout en se révélant agréable. Lorsqu’une petite fille faisait mine de s’intéresser à lui dans le rayon, qu’elle était spécifiquement attirée par lui parmi toutes les autres peluches, il ne manquait jamais de lui faire un clin d’œil discret, mais pas trop, qu’elle comprenne bien que c’était pour elle. Car si il ne faisait jamais rien pour provoquer leur attention (pas comme le panda en peluche d’à coté qui tombait systématiquement de son étagère quand quelqu’un qu’il pensait pouvoir devenir son propriétaire passait), il ne disait jamais non à une petite fille. Il était là pour devenir un Doudou attitré, il avait été crée pour cela, et fort de cette vérité, il faisait tout pour le devenir. Il n’était pas pressé car la vie n’était pas si mal que ça dans son rayon, il y avait plein d’amis peluches aussi dont il devait profiter maintenant (après il ne pourrait plus le faire, forcément).<br />
	Quand il sera un Doudou Officiel, se disait-il, il serait un très bon Doudou, toujours là pour sa maitresse, attentif et doux. Mais en attendant il essayait les petites filles autant qu’elles l’essayaient. D’où sa méthode. Après le clin d’œil, il faisait discrètement signe à la petite fille pour qu’elle s’approche de lui, et il  lui glissait au creux de l’oreille, en usant de son plus beau sourire :<br />
« Je ferais un chouette Doudou tu sais, tu ne veux pas m’essayer le temps de ta visite du magasin ? Au pire si je ne te conviens pas, tu n’auras qu’à me reposer, je comprendrais. »<br />
	Et évidement, peu de petites filles résistaient. Elles le prenaient dans leurs bras, et le temps de la visite, il était effectivement le plus adorable des doudous. Mais jusqu’à présent, aucune petite fille ne l’avait emmené à la caisse. Non pas que certaines n’auraient pas aimé, mais il n’avait jamais trouvé l’accord parfait avec les petites filles. Certaines le reposaient elle-même, pour d’autres il leur expliquait que ce n’était pas possible. Il se faisait un devoir, en fin de visite, de dire ce qu’il pensait à la petite fille, en toute franchise (le Mouton trouvait que la franchise était une qualité essentielle chez un Doudou). Il n’y avait jamais (ou rarement) trace de méchanceté dans ses propos. S’il pensait qu’il ne ferait pas un bon Doudou pour elle, il le disait.<br />
	C’est qu’il n’était pas toujours tombé sur des petites filles qui lui convenaient (c’est vrai quoi ! Ca doit marcher dans les deux sens !). Par exemple, il y en avait une, un jour, qui avait décidé qu’il serait son Doudou, mais tout en voulant le changer. Elle avait déjà demandé à sa maman si elle pouvait lui découdre les oreilles pour les transformer en oreilles d’ourson. D’ourson ? Le Mouton en peluche était outré ! Lui qui avait de si belles oreilles en laine écrue bouclée toute douce ! Mais quelle idée de vouloir les lui enlever ! Une autre encore, n’arrêtait pas de revenir au magasin pour vérifier qu’il n’avait pas changé d’avis. Il avait beau lui expliquer qu’il n’était pas le Doudou qu’il lui fallait, elle refusait toujours de le croire. Et enfin, il arrivait souvent au Mouton en peluche de se faire reposer sur l’étagère pour un autre Doudou du rayon. Des fois cela le rendait triste, des fois non.<br />
	La petite fille qui venait de le reposer était vraiment chouette. Ils avaient bien rigolé dans les rayons jouets. Et puis au moment de le reposer, elle lui avoua qu’elle avait un Doudou chez elle, déjà. Mais continua-t-elle, ils avaient passé un chouette moment, et elle le remerciait. Il était d’accord sur le fait qu’ils s’étaient bien amusés ensemble, et lui dit de ne pas s’en faire, il avait senti qu’il ne serait pas son Doudou. Ce n’était pas grave.<br />
	Il le pensait effectivement, se dit-il en enlevant un cheveu de la petite fille de son autre épaule. Bon, ce n’était pas encore celle-là en tout cas. Tant pis, il y en aura d’autres.<br />
	En attendant, il n’était toujours pas question de dire non.</p>
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