06.01L’Ourson qui s’était oublié
La petite fille rentra en pleurs dans sa chambre. Elle claqua la porte et le chercha immédiatement du regard. Il n’était pas là. Elle fouilla un peu plus, dans les coins qu’il préférait : sous le lit et derrière les rideaux. Pas de trace de lui. Une nouvelle vague de sanglots submergea la petite fille. Elle s’effondra sur son lit, pleurant encore et encore.
C’était la consternation parmi les peluches. Au bout de quelques minutes, le chat au pelage ocre et tout doux s’approcha de la petite fille. Ce n’était pas la peluche la plus bavarde, et la petite fille apprécia d’autant plus. Elle se releva à demi et serra le chat au pelage ocre et tout doux très fort contre elle. Petit à petit d’autres peluches s’approchèrent, le mouton et la belette en tête. De les voir et les avoir autour d’elle réconforta la petite fille, et elle se laissa aller à nouveau.
Entourée de tant d’amour tout pelucheux, son gros chagrin passa. Elle libéra alors le chat au pelage ocre et tout doux, qui en était tout fripé tellement elle l’avait serré. Un peu boiteux, faussement grognon, il s’éloigna en marmiaulant. La petite fille regarda l’heure. Il lui restait juste assez de temps pour effacer les dernières traces de son chagrin avant d’aller manger.
A son retour, elle ferma soigneusement la porte, cette fois. Après avoir une fois de plus balayer du regard sa chambre du regard. Puis elle entreprit de réarranger son coin à peluche. Evidement le chat au pelage ocre et tout doux, le mouton et la belette eurent droit à une nette amélioration de leur ordinaire. Une fois ceci fait, la petite fille se recula pour contempler son œuvre, et sentit un poids de moins sur son petit cœur. Elle se sentait mieux, et trouvait qu’elle avait eu de raison de faire ça. Il ne restait plus qu’à attendre qu’il pointe à nouveau son nez en plastique.
C’est ce qui arriva finalement, longtemps après que les lumières furent éteintes. La porte s’ouvrit doucement, et l’Ourson entra dans la chambre. Bien qu’il se targuait de bien connaître les petites filles, il ne se doutait pas de ce qui allait arriver. Tout content de lui, il commença à raconter à la petite fille son exploit du jour : il avait expliqué à une des peluches de la petite sœur comment réconforter les petites filles ! Depuis plusieurs jours, il avait entreprit de se glisser régulièrement, trop régulièrement dans la chambre d’à côté pour prodiguer quelques conseils.
Quand il eut finit, doucement, tout doucement, la petite fille parla à son tour ? Elle n’avait pas pris la peine d’allumer la lumière et se contenta de chuchoter. Elle n’était pas en colère, et ne pleurait pas, elle soulageait juste son cœur. Il ne ressemblait plus à l’Ourson qu’il était avant, lui dit-elle, et ça faisait plusieurs fois qu’il était dans la chambre d’à côté alors qu’elle avait besoin de lui. Ce n’était pas comme ça qu’un Doudou se devait d’agir.
Pris par surprise, l’Ourson rétorqua qu’elle était juste jalouse, qu’il avait aussi le droit d’avoir d’autres amis, qu’il pouvait bien parler à d’autres peluches. Enfin, il ne fallait pas le prendre comme ça voyons ! La petite fille prit le temps de s’assoir pour lui répondre. Et toujours tout doucement, la petite fille lui expliqua que ça ne la dérangeait pas qu’il parle à d’autres peluches, il pouvait même devenir l’ami d’autres petites filles. Mais cela l’empêchait d’être là pour elle, il ne voyait même plus quand elle pleurait. Et il ne s’en rendait même pas compte. On ne pouvait même plus dire qu’il vivait dans cette chambre pour tout dire. L’Ourson voulut protester, il ne comprenait pas. La petite fille le coupa. Il n’était plus son Doudou, non pas parce qu’elle ne le voulait pas, mais parce que les faits étaient là. Cela faisait souffrir la petite fille, et elle ne le voulait plus. Alors voilà, il n’était plus son Doudou. Elle jouerait encore volontiers avec lui de temps en temps, mais pas plus. L’Ourson continua à parler, essayent d’argumenter, la traitant de jalouse, lui disant que les autres peluches ne pouvaient pas s’en sortir sans lui, il continua et continua…
Mais la petite fille s’était déjà endormie, le cœur enfin léger. Et le lendemain, elle offrit officiellement l’Ourson à sa petite sœur.

Ok, has d’hab j’ai pas les références ^^; Mais très bien
juin 1st, 2009 at 9:22
Celle-là c’est moi en fait, je te raconterais pour le coup
Et merci ^^
juin 1st, 2009 at 9:59
Là j’avais reconnu. J’aime toujours autant tes textes! Vivement le prochain
juin 1st, 2009 at 10:46
Okey dokey
juin 1st, 2009 at 9:17
Mais c’est vraiment important de savoir de qui ça parle?
juin 2nd, 2009 at 8:32
Important? Non. Mais c’est un éclairage différent. Deux points de vue, deux appréciations
juin 5th, 2009 at 9:25
juin 6th, 2009 at 3:42